Même si les auto-entrepreneurs, à l’instar de toutes les sociétés commerciales, doivent également effectuer certaines obligations comptables, ils ont cependant cet avantage qui leur permet d’avoir une tenue comptable très amoindrie ou allégée. En d’autres termes, ces obligations seront relativement simples à réaliser, et peuvent se limiter qu’à quelques tâches essentielles. Dans tous les cas, la question qui se pose souvent est le fait de savoir si un auto-entrepreneur doit véritablement être accompagné par un professionnel tel qu’un expert-comptable en ligne. Cette question est d’ailleurs tout à fait légitime, puisqu’elle se pose fréquemment à cause de certaines complexités rencontrées au niveau du régime fiscal de l’auto-entreprise et sur d’autres points importants.

Afin d’apporter plus de clarté sur ce sujet, nous allons voir dans un premier temps les différentes obligations générales qu’un auto-entrepreneur doit effectuer pour son entreprise, et dans un second temps, nous verrons le réel apport d’un expert-comptable sur une telle structure à travers ses missions et les motifs de son importance.

 

Les obligations essentielles qu’un auto-entrepreneur doit effectuer pour sa micro-entreprise

 

Pourquoi les obligations comptables en auto-entreprises sont-elles allégées ?

On peut citer beaucoup d’avantages lorsqu’on décide d’exercer en tant qu’auto-entrepreneur, et ceux relatifs à la comptabilité ne sont pas du tout à négliger. En effet, ils en sont les principaux avantages puisque les obligations sont réduites et très limitées. D’abord, il ne sera pas nécessaire de produire un bilan comptable ni de préparer la liasse fiscale au service des impôts à chaque fin d’année d’exercice. Cela est notamment dû par le fait que les auto-entrepreneurs ont le privilège de bénéficier d’un régime fiscal simplifié. On parle du régime micro-BNC ou du régime du micro-BIC.

Ensuite, lorsque le chiffre d’affaires de l’auto-entreprise ne dépasse pas un certain seuil prédéfini, elle pourra profiter d’une franchise en base de TVA. Autrement dit, l’auto-entrepreneur ne sera pas dans l’obligation de payer la TVA puisque les factures des clients ne contiendront pas cette déduction (la TVA ne sera pas également déduite des achats professionnels). Enfin, n’oublions de préciser qu’en n’étant pas soumise au régime réel d’imposition, l’auto-entreprise n’est pas obligée d’adhérer à un centre de gestion agrée.

 

Une obligation de posséder certains livres comptables

On parle ici d’un livre de recettes (qui est obligatoire en auto-entreprise, et ce peu importe l’activité exercée) et d’un registre des achats.

Pour le livre des recettes, il servira à détailler toutes les opérations d’encaissements réalisées par l’auto-entreprise, c’est-à-dire l’ensemble des recettes générées pour toutes les opérations effectuées. En d’autres termes, ce livre doit être tenu journalièrement en inscrivant chronologiquement les encaissements (il ne faut pas omettre de mentionner l’origine et la valeur des recettes, leur nature et la date de l’encaissement).

Tandis que pour le registre des achats, il est obligatoire d’en tenir un lorsque l’activité est de nature commerciale (vente ou assimilée) avec un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas un certain seuil. Ce registre est tout de même très important, car il servira à conserver les factures et les différentes pièces justificatives relatives aux dépenses réalisées par l’auto-entreprise, à l’instar du livre des recettes. Ainsi, dans le registre des achats, on doit impérativement trouver l’intégralité des dépenses de la micro-entreprise inscrites d’une manière chronologique, dans le but entre autres de déterminer le montant total des charges.

 

Une obligation relative à la production de factures

En sa qualité de professionnel, l’auto-entrepreneur doit impérativement préparer des factures à l’intention de sa clientèle pour toute vente effectuée ou pour tout service réalisé. L’établissement de ces factures doit également respecter une certaine norme préétablie, une règlementation commune à tout type d’entreprises.

Par ailleurs, il est important de préciser que des mentions spécifiques peuvent également faire surface sur les factures clients. À titre d’exemple, la mention relative à la non-applicabilité de la TVA doit forcément être vue sur cesdites factures.

 

Une obligation d’ouvrir un compte bancaire pour l’auto-entreprise

Il s’agit ici d’une obligation non négligeable puisque le compte bancaire à créer sera exclusivement affecté à l’activité de la micro-entreprise. La législation française n’est pas trop exigeante sur cela puisqu’elle n’exige pas que ce compte soit obligatoirement un compte professionnel. Il suffit qu’il soit dédié spécialement à l’auto-entreprise.

Enfin, notons qu’un auto-entrepreneur doit conserver pendant 10 années tous les documents comptables qu’il a à sa disposition pour notamment être dans la possibilité de les présenter en cas d’éventuels contrôles fiscaux.

 

L’expert-comptable et l’auto-entreprise : les liens entre eux

 

L’intervention de ce professionnel est-elle obligatoire pour une auto-entreprise ?

À l’instar de toutes les autres formes d’entreprises, il n’existe à ce jour aucun texte de loi qui affirme que faire appel à un expert-comptable est une obligation pour l’auto-entreprise. Cela ne lui empêche pas non plus de solliciter ces services si le besoin se fait ressentir. Il est d’ailleurs recommandé de se tourner vers un tel professionnel même si les obligations de l’auto-entreprise en matière comptable restent très amoindries (il peut être d’une grande aide pour soutenir l’auto-entrepreneur dans tout ce qu’il fera).

 

Pourquoi est-il nécessaire pour une micro-entreprise de solliciter les services d’un expert-comptable ?

Du fait de quelques complexités rencontrées au niveau du régime fiscal d’une auto-entreprise, il est très important de pouvoir compter sur un professionnel tel qu’un expert-comptable pour éventuellement éviter toutes déconvenues. De plus, lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse un certain seuil, l’activité gagne de l’ampleur et les transactions peuvent être de plus en plus conséquentes. Ces paramètres impliquent donc que la gestion de la comptabilité peut se complexifier, et il sera important d’avoir un professionnel à ses côtés.

En outre, rappelons que depuis 2017, la législation française avait prévu une éventuelle applicabilité de la TVA pour l’auto-entrepreneur. Cela veut dire qu’il sera nécessaire de la déclarer et de la reverser. Pour ces différentes raisons, il sera chaudement recommandé de solliciter les services d’un expert-comptable, surtout lorsque l’auto-entrepreneur ne se soucie pas trop de la gestion globale de sa micro-entreprise, ou bien qu’il soit dans l’obligation de payer la TVA (les déclarations y afférentes peuvent être assez complexes à réaliser).

 

Les rôles de l’expert-comptable au sein de l’auto-entreprise

Avant tout, précisons que ce sera à l’auto-entrepreneur de jauger le niveau d’implication de l’expert-comptable dans ses affaires, en fonction notamment de ses besoins spécifiques. Mais dans la majorité des cas, ce professionnel sera responsable de préparer et d’envoyer toutes les déclarations relatives à la TVA en respectant les normes et les délais prévus par la législation française. Ensuite, il sera également là pour aider l’auto-entrepreneur à mettre en place les divers outils de gestion qu’il jugera nécessaires pour mieux gérer l’entreprise (la simplification des tableaux de bord par exemple).

En outre, l’expert-comptable permettra à l’auto-entreprise d’élaborer ses factures en respectant les normes prévues par la législation, de mieux les gérer par l’inscription des mentions obligatoires ou par la présentation des types de factures. Grâce à son expérience et à ses compétences, ce professionnel sera également en mesure d’anticiper le dépassement des seuils en suivant minutieusement le chiffre d’affaires de l’auto-entreprise. Si tel est le cas, il pourra conseiller l’auto-entrepreneur sur le bon statut juridique.

Enfin, les missions de l’expert-comptable ne s’arrêtent pas à la simple gestion comptable de l’entreprise, il pourra aussi accompagner et conseiller son client auto-entrepreneur dans de nombreux autres domaines tels que le domaine social, juridique, fiscal, économique et d’autres branches importantes encore.

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